Yam-Sat CI 01 : comment l’INP-HB prépare la Côte d’Ivoire à lancer son premier satellite

Pôle d'excellence académique de référence, l'INP-HB de Yamoussoukro pilote la conception du premier nanosatellite ivoirien, Yam-Sat CI 01. Entre formations internationales et expertise locale, l’institut forge la souveraineté spatiale nationale.

Source : image de Paul Seling sur Pexels

La Côte d’Ivoire s’apprête à faire un grand saut technologique pour rejoindre le cercle restreint des nations africaines dotées d’une infrastructure orbitale propre. Au cœur de cette épopée scientifique se trouve l’Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB) de Yamoussoukro, véritable sanctuaire de l’ingénierie nationale qui assure aujourd’hui le rôle de moteur technique du projet.

Pour conduire cette mission à bien, l’institut a constitué une équipe pionnière composée d’enseignants-chercheurs et d’étudiants volontaires. Ces derniers ont bénéficié de formations de haut niveau dispensées par des partenaires de renom, tels que le Kyushu Institute of Technology (Kyutech) au Japon et le consortium UNISEC (University Space Engineering Consortium).

L’histoire de ce projet est intimement liée à une dynamique de coopération internationale et à la montée en puissance des compétences locales. Tout a commencé avec l’initiative KiboCUBE, un programme mondial soutenu par le Bureau des Nations Unies pour les affaires spatiales (UNOOSA) et la JAXA, qui a permis de structurer les premières étapes de la fabrication du nanosatellite ivoirien.

Dans le cadre de cette ambition, l’INP-HB intensifie actuellement son processus de recrutement. Un appel à candidatures d’envergure est lancé du 16 mars au 3 mai 2026, visant à identifier les meilleurs talents ivoiriens. Sont recherchés des profils ingénieurs ou Master dans des domaines variés : télécommunications, informatique industrielle, mécatronique ou encore télédétection.

Ce processus rigoureux, incluant des tests basés sur la KiboCUBE Academy et des entretiens en anglais, vise à constituer un vivier durable de ressources humaines qualifiées. Les recrues suivront des formations pratiques intensives, de la conception de CanSat à l’assemblage final au Japon.

Le futur ambassadeur ivoirien dans l’espace a déjà un nom qui résonne dans les conférences internationales comme NewSpace Africa : Yam-Sat CI 01. Ce patronyme est un hommage direct à la capitale politique, Yamoussoukro, siège de l’INP-HB. C’est là que le génie ivoirien prend racine avant de viser les étoiles.

Techniquement, Yam-Sat CI 01 est un nanosatellite d’observation de la Terre. Sa mission principale reposera sur une caméra hyperspectrale capable de fournir une intelligence exploitable pour transformer radicalement plusieurs secteurs clés de l’économie.

Quid des promesses de ce projet ? Elles sont immenses, particulièrement pour l’agriculture, pilier historique de l’économie du pays. Grâce aux données recueillies, les agriculteurs bénéficieront d’une cartographie précise des sols pour optimiser les rendements face aux défis climatiques.

Au-delà de l’agritech, Yam-Sat CI 01 jouera un rôle crucial dans la sécurité nationale. Il permettra de surveiller l’avance des menaces sécuritaires, de cartographier la déforestation, de lutter contre l’orpaillage clandestin et d’assurer une meilleure gestion des ressources en eau.

Le succès de l’opération s’appuie sur un écosystème de parties prenantes solides. Outre l’INP-HB et le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, le projet repose sur des partenariats public-privé, notamment avec Universal Konstructors Associated (UKA). Cette synergie prépare également la création de l’Agence Spatiale de Côte d’Ivoire (ASCI), organe qui sera chargé de piloter la stratégie spatiale nationale sur le long terme.

En réussissant ce lancement, la Côte d’Ivoire rejoindra une élite continentale. À ce jour, environ quinze pays africains ont déjà envoyé au moins un satellite en orbite, dont l’Égypte, l’Afrique du Sud, le Nigeria, le Kenya et la Tunisie.

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