7,3 millions de dossiers patients numérisés en Côte d’Ivoire pour un impact massif sur la santé publique

Franck Simon Bléhiri, le Directeur de l’informatique et de la santé digitale (DISD), a révélé que 7,3 millions de dossiers patients sont désormais numérisés, illustrant la transformation profonde du secteur de la santé ivoirien. Depuis 2011, le renforcement des infrastructures, l'adhésion du personnel soignant et l'amélioration de la connectivité rurale propulsent la Politique nationale de la santé digitale.

Déploiement du Dossier patient informatisé (DPI) à l’Hôpital général de Ferkéssédougou, ville située au Nord de la Côte d'Ivoire. Août 2024. Crédit photo : DISD

La transformation digitale de la santé en Côte d’Ivoire marque-t-elle un tournant décisif pour les populations ? Lors du bootcamp eSanté du 9 décembre 2025 à Abidjan, Franck Simon Bléhiri, Directeur de l’informatique et de la santé digitale (photo ci-dessous), a présenté des chiffres éloquents issus de la mise en œuvre de la Politique nationale de la santé digitale (PNSD).

À ce jour, 7,3 millions de dossiers patients informatisés (DPI) ont été créés dans plus de 400 établissements ; 51,1 milliards de FCFA de recettes hospitalières ont été tracés via le Système d’information hospitalier (SIH) ; et 2 400 agents de santé ont été formés. Ces avancées, partagées lors d’un panel aux côtés des homologues de l’Agence nationale du service universel des télécommunications (ANSUT) et de l’Autorité de régulation des télécommunications/TIC (ARTCI), témoignent d’une accélération sans précédent.

Des infrastructures souveraines

Ces résultats reposent sur des «fondations solides» telles que le Datacenter national de santé qui sécurise les données sensibles. A ce propos, M. Bléhiri a rappelé une métaphore forte lors du bootcamp : «L’État a construit l’autoroute numérique. Nous attendons désormais que vous conceviez les véhicules — applications et services — qui y circuleront.» Pour la DISD, cette infrastructure publique ouvre la voie à l’innovation dans un cadre réglementé, favorisant ainsi une co-construction public-privé.

14 ans de vision stratégique

Le parcours initié il y a 14 ans démontre une vision stratégique constante impulsée par le Président Alassane Ouattara. Le directeur l’avait déjà souligné lors du forum Intech Santé en février 2025 : «En 2011, après l’impulsion du projet de gouvernance électronique par le Président de la République, il a fallu s’aligner sur l’OMS et l’Organisation ouest-africaine de la santé. Nous avons alors élaboré le Plan national stratégique de développement de la cyber-santé.»

Rédigé en synergie avec la société civile et les ordres professionnels sous la présidence du Professeur Ly Ramata, ce plan a posé les bases de l’écosystème actuel. La PNSD en est aujourd’hui la version actualisée, intégrant notamment le premier DPI hybride (numérique et physique).

«Notre vision pour 2030 est d’inverser la logique médicale»

En novembre dernier, lors de la conférence HIMSS Eurasia à Istanbul, Franck Bléhiri a insisté sur l’appropriation du DPI par le personnel soignant, pilier essentiel de la stratégie. Grâce à la formation continue, plus de 2 000 agents utilisent déjà ces outils quotidiennement. Parallèlement, la couverture des zones rurales progresse via des partenariats, notamment avec la Banque mondiale.

«Notre vision pour 2030 est d’inverser la logique médicale. Grâce à la connectivité et à la télémédecine, ce n’est plus au patient de zone rurale de voyager vers le CHU, c’est l’expertise qui voyage vers lui», a martelé le directeur. L’extension du DPI aux Établissements sanitaires de premier contact (ESPC) et les 480 000 visites enregistrées en 2024 concrétisent déjà cette réduction de la fracture sanitaire.

Rayonnement international

À Istanbul, M. Bléhiri a également défendu la rentabilité de cet investissement, expliquant que la sécurisation des recettes via le SIH rassure les bailleurs de fonds et garantit l’autonomie du système. Un atelier organisé à Yamoussoukro en juillet 2025 a d’ailleurs permis d’affiner ces mécanismes autour de trois axes : gouvernance, accessibilité de l’offre et promotion des services.

Si la Côte d’Ivoire se positionne désormais comme la locomotive de la santé digitale en Afrique de l’Ouest, des défis subsistent. Franck Simon Bléhiri reste particulièrement vigilant quant à la protection des données de santé à caractère personnel, un enjeu crucial pour atteindre les ambitions nationales à l’horizon 2030.

adjoba@impact-numerique.com

One thought on “7,3 millions de dossiers patients numérisés en Côte d’Ivoire pour un impact massif sur la santé publique

  1. Ces efforts louables, montrent l’intérêt que vous portez aux populations, surtout aux données sensibles qui sont collectés.
    Je suis très content qu’enfin, la Santé numérique ou du moins la télémédecine soit perçue comme acte médical permettant de désengorger les hôpitaux, mettre fin aux déserts médicaux et aussi aux contraintes de déplacements.

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