L’Afrique du Sud modifie ses règles de propriété noire pour attirer davantage d’opérateurs étrangers : un tapis rouge pour Starlink

Le ministre des Communications, Solly Malatsi, va modifier les exigences d'actionnariat local afin d'attirer plus d'opérateurs étrangers, dont Starlink. Des investissements en infrastructures pourront remplacer l'obligation de céder 30% du capital à des actionnaires noirs.

Image de Christoph Meinersmann sur Pixabay

À la suite d’une directive du ministre Solly Malatsi, l’Afrique du Sud s’apprête à réviser les conditions d’actionnariat local, supprimant un obstacle majeur à l’arrivée de Starlink, la filiale internet par satellite d’Elon Musk. Cette décision, rapportée par la journaliste de Reuters Nqobile Dludla à Johannesburg, répond à un frein signalé par SpaceX et d’autres opérateurs étrangers auprès de l’autorité de régulation ICASA l’an dernier.

Jusqu’ici, la loi sud-africaine sur les communications électroniques imposait à tout opérateur étranger de céder 30% de son capital local à des «groupes historiquement défavorisés» (BEE – Black Economic Empowerment).

Des équivalents en actions

Pour débloquer la situation, Solly Malatsi introduit des programmes d’« équivalents en actions ». Ce dispositif permet aux entreprises technologiques mondiales de compenser l’absence de partenaires noirs au capital par des investissements directs dans des secteurs clés, comme les infrastructures numériques ou la formation.

«Cette orientation politique finale assure une parité réglementaire, sans favoriser une entité ni affaiblir la loi sur les communications ou la transformation économique», a précisé le ministre pour rassurer les défenseurs du BEE. 

Enjeux de connectivité rurale

Malgré les critiques de l’opposition, qui dénonce un avantage aux multinationales, la réforme bénéficie d’un large soutien : 90% des commentaires publics reçus par le ministère étaient favorables.

Pour Malatsi, l’enjeu est social et économique. «Cet alignement attirera des investissements, soutiendra une transformation significative et améliorera la vie des Sud-Africains, surtout dans les zones rurales et défavorisées sans haut débit», a-t-il déclaré.

En facilitant l’accès à Starlink et à d’autres opérateurs satellitaires, l’Afrique du Sud vise à réduire son fossé numérique et à stimuler la concurrence dans un secteur essentiel à sa croissance.

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